mercredi 17 février 2010

Indiana Beaudet et le canyon perdu





































Nous avons perdus Nick et Élie hier. Ne vous inquiétez pas, ils sont sains et saufs, et la période de relocalisation aura duré 6 heures. Nous sommes tous à Baja Caracoles, le premier stop important (essence et bouffe) entre Perito Moreno et Tres Lagos (qui elle, est à 500km). Les petits sont au chaud, endormis, au sec et nourris. Le berger est content d’avoir retrouvé ses moutons égarés.


Heureusement qu’il y aie 2 côtés à une médaille. Un pour l’honneur, l’autre pour la victoire.


Voici le côté de l’honneur:



Midi tappant, depuis la Estancia Los Toldos, après un incroyable-mais-vrai superbe petit déjeuner copieux, beau et bon, nous sommes partis en voiture à 18km dans le sentier de la Estancia pour rejoindre le stationnement au bout du chemin de terre. (Je commence sérieusement à détester les chemins de terre – Élie dit que j’y suis pré-destiné) bref, heureusement qu’il fait grand jour car conduire les chemins de terre la nuit, c’est une toute autre histoire. On n’y voit rien du tout, la route est large est monochrome, et à cause que la Ruta Naçional 40 n’est pas terminée, on nous dévie de droite à gauche et on serpente la route pavée. Il est fortement déconseillé sur tous les petits livres de voyage de conduire la 40, la nuit tombée. En route sur le chemin de terre, nous avons vus des troupeaux de guanacos impressionants. Nicolas, lui, a décidé de courir après et les faire paniquer afin d’aggrémenter la photo. On s’est bien marrés.


Arrivés au bout du chemin, nous nous apprêtons à descendre le canyon afin de traverser la montagne pour aller voir la Cueva de las manos (La Cave Des Mains). La Cave, vieille de 9500 ans, est devenue un site protégé et est reconnu comme étant un des sites héritage mondiaux par l’Unesco. Le peuple préhistorique –Tehuelche – une tribu très près de la nature. Ils ont peints (et parfois crachés la peinture) pour en faire une peinture en négatif, sur 600m de longueur, sous les grottes, des mains d’adultes et enfants, gauchers comme droitiers, des guanacos, en grande partie des scènes de chasse, des pleines lunes, des étoiles, des salamandres, des autruches (ici les Choique – prononcé choyké) des bestioles imaginaires (qui faisaient fuire les mauvais esprits), et un seul pied. Le tout, dans des teintes de jaune, de noire et de rouge. Des fois superposés, des fois non. Une main à 6 doigts ici, une tortue par là. Ils utilisaient comme peinture, les minéraux de la terre, et parfois de l’urine. Le soleil, la pluie et le vent n’aident pas à sa conservation, Par contre, toutes les peintures à l’abri des éléments sont restées intactes. Le rouge est très vif dans ce cas-ci.


Sur le chemin du retour, Nicolas nous a fait savoir qu’Élie et lui allaient emprunter un autre chemin de 12km à travers les canyons qui les conduiraeint à la Estancia Las Piedras. Le chemin est dessiné sur un fasicule reçu à l’entrée du Perito Moreno. Ils ont calculé 2 heures de marche, 1 ½ litre d’eau et sont partis. Nous devions donc les rejoindre à la Estancia autour de 17h avec la voiture.


Nous sommes retournés à l’auto, Philippe et moi, mais n’anticipions pas ce retour car la montée du canyon était assez abrupte et raide (on parle d’au moins 50 degrés à la verticale) qui montait très haut. Sommes toutes, c’était beaucoup plus facile que ce qu’on imaginait, et avons pris notre temps pour prendre de belles photos.



Arrivés à la Estancia à 17h. Pas un chat. Qu’un seul cycliste. Le propriétaire est arrivé à 18h.



Encore une fois, il est tellement plus facile pour quelqu’un de parler la langue du pays qu’il visite...le propriétaire (je l’ai affectueusement baptisé “petit papi”) avait l’air d’un vieux français avec son beret. Il me faisait pensé à mon pépé. Il était tellement gentil. Je lui ai expliqué que nous attendions nos amis depuis la cave des mains. Il m’a dit qu’ils en avait pour 12km et 2 heures de plus pour le canyon. Oh non....le petit fasicule n’expliquait pas cela. Nicolas et Élie devaient donc arriver, en temps réel, à 19 ou 20 heures. Bon, après maintes reprises de siester dans l’auto, impossible de dormir. On a pensé que Nicolas, avec toute son expérience de randonées et de montagne, il saura quoi faire. Donc, il ne nous donnait rien de s’exciter pour le moment.


À 20h30, la panique s’est invitée sournoisement chez nous, sans se prononcer. On a demandé à Petit Papi d’emprunter son sentier pour aller voir sur les 12km si on pouvait trouver nos amis, les agneaux égarés. Il est monté dans l’auto avec nous, on a fait les 12km jusqu’à la 2ième barrière (où un pneu indiquant la cave des mains pointait vers le bon chemin et où une grosse pierre était dans le chemin.) On a croisé le cycliste qui avait monté sa tente au beau milieu du champs de Papi. On lui a demandé s’il avait vu 2 randonneurs. Son espagnol lui était traître. J’ai entendu l’accent québécois. Le monde est plus petit qu’on le pense...Il n’a vu personne, mais il leur fera le massage s’il les voit.


Rien dans la pampa au bout du sentier. Que du vent, et du vent frais en plus. Au moins je savais que Nick et Élie étaient bien habillés contre le froid avec leurs manteaux et pantalons. Par contre, l’idée qu’ils n’avaient rien à manger depuis le petit déjeuner m’a plongé dans un nuage de possibilités. Et les pumas, eux? Papi m’a dit que les pumas avaient peur des gens, donc, pas possible de bouffer les humains, m’expliquait-il d’un ton réconfortant. Ouf. Mais ils vont quand même geler!


C’est qu’en 6 heures d’attente, il s’en passe des choses dans une tête. Imaginez-vous dans 2 têtes. J’ai quand même gardé la tête froide, mais je me retiens de dire des choses car je vous imagine à notre place, au milieu de nulle part, dans une voiture presque vide de son essence, à 82km de la cave et à 36km de la prochaine ville (les 2 endroits sur une route de terre) sans nos amis, la nuit tombante, le froid et la noirceur totale qui descend sur le village. Vous pigez? Le drame, quoi. La meilleure chose à faire, dans ce cas, c’est de focaliser toute son énergie sur une seule solution. Papi n’avait pas de téléphone et nous avions 2 possibilités pour nos amis. 1) Ils sont retournés à la Estancia Los Toldos – l’endroit d’où nous sommes partis pour le canyon, ou 2) Ils vont persister et se rendre à la Estancia Las Piedras. Aucune des Estancias n’a de téléphone. Merde! Nos options....on a laissé le message à Papi que s’ils se pointaient... qu’ils passent la nuit et nous reviendrions les prendre le lendemain matin. Nous sommes donc partis faire le plein à Baja Caracoles.



Nous avons trouvé ce petit bled qui n’a qu’un seul resto-hôtel-essence. C’est une petit village habité par 15 familles. TRÈS petit..on s’entend? (“Entiendes?” Comme on dit ici). Il y avait aussi une auberge, mais Philippe m’a indiqué la pompe à essence près d’un autre hôtel. J’ai garé l’auto, j’ai fait le tour du building, vu les 4 entrées. J’ai vu que la réception était dans le petit magasin/bar. En ouvrant la porte, je me suis fait accueuillir par 4 paquets de cigarettes qui se faisaeint fumer en même temps. Le petit Chico (proprio, j’imaginais) était au téléphone public, et me demandait mon nom. Il me demande si mon compagnon de voyage s’appelle Philippe. Il ne peut savoir cela que par les nouvelles données par Nick et Élie. Chico me passe le téléphone, je demande à Nicolas où ils sont. Il me répond “Nous sommes revenus à la cave des mains” d’un ton exténué, vide. Avant de raccrocher je lui dis, “On fait le plein et j’arrive tout de suite”. Opération sauvetage, en avant, toutes! C’est parti, mon kiki.


La victoire:


Ils étaient sur la bonne route. On s’est ratés de peu. Ils étaient à moins d’un kilomètre du bout du sentier, à la première barrière. Le cycliste s’est installé après leur passage.



À la deuxième barrière, ce sont eux qui avaient placé le pneu marqué “Cave à Mains” pointant la bonne direction, et qui ont aussi mis la grosse pierre devant la barrière afin d’indiquer un message qu’ils avaient écrit en petites pierres avec leurs noms et le pneu indiquant la cave pour nous faire comprendre qu’ils y étaient retournés. Bon, c’est un peu tiré parles cheveux, mais compte tenu que Nicolas n’en a plus, c’était pas évident. C’est seulement Papi qui est sorti de l’auto pour ouvrir la barrière qui a déplacé le pneu et la pierre. Je lui ai demandé s’il y avait un message autour de la pierre. Il m’a dit que non. Mais il trouvait bizarre qu’une aussi grosse pierre se retrouve en plein milieu du chemin. C’est comme une enquête policière, tous les morceaux tombent dans les bonnes cases et arrivent à faire une histoire entière.


Je vous laisserai le plaisir à Nicolas ou Élie de raconter leur randonnée. Émotions fortes au rendez-vous. Nicolas a (au moins) avoué avoir eu peur de se faire attaquer par un puma. Nous leur avons acheté de la nourriture et de la boisson pour tenir le coup juqu’à notre prochaine destination. Par chance, les gardiens les avaient nourris de petits biscuits et de maté (thé local). Les gardiens avaient appelé partout et par chance, un gardien est sorti de nulle part, a signalé un numéro et est tombé sur Chico alors que j’affranchissais le seuil de la porte. Je vous jure, c’est comme dans les films. Nous sommes retournés à ce petit hôtel pour y passer la nuit, en évitant de tuer les 120 lièvres qui traversaient la route devant moi et 2 renards. 1 bleu et un bébé.



Chers lecteurs, entre vous et moi: Quelles sont les chances que j’ouvre la porte de l’hôtel dans un bled perdu à 75km du point de départ et que le propriétaire est en train de parler (au même moment) à un des gardiens de la cave à 46 km de ce petit village au beau milieu de rien avec un grand R? Non mais, mathématiquement, scientifiquement et statistiquement, les chances sont presque IMPOSSIBLES!! Ça, c’est parce que Nicolas, au sommet de Cerro Piltriquitron à mis le pied gauche dans une énorme bouze. Ça explique le GROS coup de chance. C’est ce qu’on appelle être “mardeux” en bon québécois.


17 février



Je vous écris encore depuis la route, Nico derrière le volant (photo à l’appui) dans un chemin de terre, son élément. Il pleut, et il fait 9.5 degrés. Merveilleux temps pour conduire . Daniel Bélanger chante à tue-tête avec nous dans l’auto. C’est à croire que la chance nous suit encore. De toute façon, dans la pampa argentine, il n’y a rien à voir, part les troupeaux de guanacos et les choiques. On devrait être à El Chalten dans le début de la soirée. On espère que les nuages se dissipent pendant l’après-midi. La lueur nous fait croire que les nuages ne sont pas trop épais. Un autre coup de chance? Vite, apportez-moi une bouze! Nico, passes-moi ton pied gauche!

El Bolson





































Nicolas et Élie sont partis faire les courses pendant que Philippe et moi préparons un feu d’enfer pour notre première tentative de parilla (ou plutôt, ASADO – barbecue extérieur). Le champagne est au frais et nous avons loué une petite cabane (cabana) dans le bois, près de la rivière.


El Bolson est une petite ville très hippie. Il y a beaucoup de jeunes voyageurs en sac à dos. En fait, il y a autant de voyageurs que d’auberges de jeunesse. On vient de terminer l’ascension de Cerro Piltriquitron. Heureusement (!), une horrible et exécrable route de terre (ou plutôt de roches, cailloux et trous) nous amène à 1000m du sommet. Il y avait tout de même une ascension abrupte à faire pendant une bonne heure. Le refuge se trouve au bout du chemin. Quelle vue spectaculaire de la cordillère. Époustouflante!


Élie et moi tenons à faire du parapente, mais il paraît qu’il n’y a pas d’école de parapente à El Bolson. C’est con parce qu’ils affichent les cartes d’instructeurs partout!!! Ils étaient 5 à faire du parapente paisiblement, au dessus de Cerro Piltriquitron. Ils étaient 5 à flotter silencieusement dans les hauteurs froides du ciel azur des Andes. Nous étions 2 à les envier, les 2 autres les admiraient.


L’épicerie est arrivée. Élie et moi s’occupons de préparer les légumes qu’on va faire griller. Poivrons jaunes, poivrons locaux, aubergines, oignons, ail. Autrement il y a la viande qui va finir par succomber à la parilla une fois recouverte de sauce chimichurri en poudre (on ne peut qu’acheter l’huile d’olive en litre – qu’on ne peut pas toujours traîner avec nous – c’est clair que j’aurai préféré en faire une toute fraîche). Le demi-poulet, les 5 saucisses de Chorizo, le gros steak de contre-filet (connu sous le nom de LOMO ici). Le steak de lomo, il y en a sur TOUS les menus des restaurants d’Argentine qui servent de la viande, bien-sûr! On continue notre cuisine avec la salade; radis, laitue frisée, beaucoup de persil et de ciboulette qu’on va assaisonner de chimichurri en poudre et de crème fraîche. De mon côté, je prépare le chimichurri du mieux que je peux, sans l’huile. Ciboulette, persil plat, ail frais (il pique en sapristi ici... jusqu’à en larmoyer), et beurre fondu et la poudre de chimichurri. On a mangé dehors, sur la table de pique-nique, avec un bon Malbec de la familia Cecchini achetée à Mendoza. On promène nos bouteilles partout! Notre asado fût un succès total, la salade, même si de trop, est bien descendue dans l’estomac. Pourquoi ne pas regarder les étoiles après le repas? On a finalement vu la croix du Sud (à l’intérieur de la voie lactée), Orion aussi était au rendez vous. Il y a des étoiles partout ici quand le ciel est clair. C’était de toute beauté. Comment terminer une soirée aussi belle et délicieuse? Eh bien en dégustant un bon vin de vendages tardives et une partie de tarot, pardi!


Une nuit un peu dure sur l’estomac....et les milliers de chiens errants qui ont aboyé hier n’ont pas aidé à cette nuit blanche. On blâmera aussi le vin et la viande.


Un petit café au lait et on prend la route pour traverser l’Argentine du côté Atlantique. On est dans la pampa en ce moment. Élie conduit comme une championne pendant que je vous écris. Elle mange beaucoup mieux depuis hier matin. Son estomac s’est replacé. Faut dire que la parilla replace pas mal tous les bobos en les alourdissant. Bah quoi, si ce ne sont pas les histoires de caca à Nicolas, ni celles (selles?) de mon voyage en France, faut bien que quelqu’un d’autre soit victime sur ce blogue, non?


La route sinueuse et cahoteuse me donne un effet de centrifugeuse. On se croirait sur les horribles routes du Québec. Vous me demandez comment je fais pour taper à l’ordinateur au lieu de regarder la route? Je suis un de ces chanceux qui n’a pas le mal des transports. Fort heureusement, sinon vous auriez eu ce blogue dans 5 jours, et ce, sans photos...


On se donne pour destination, le petit parc de Perito Moreno (à ne pas confondre avec l’énorme glacier qui porte le même nom). Nicolas a en tête de visiter une Estancia. La Estancia Telken (à 28km au sud de Perito). Peut-être une nuit chez l’habitant nous donnera un goût de la Pampa, sans oublier le tour de cheval. Je me demande si on pourra cuire le cheval après, sur une parilla! Miam... il doit nous rester au moins 3 bouteilles de vin? Ah oui… on a un fameux Trapiche Roble 2006 qui attend de se faire déboucher. Oui, je raconte n’importe quoi car j’ai besoin de distraire ma maudite envie de pisser....


Nous voilà à Perito. Crevés. Je ne sais pas combien de distance nous avons parcourue au total. À force d’arrêter l’auto à chaque fois que je voyais des moutons, des guanacos (lama) ou des autruches sauvages pour le prendre en photos, j’ai fini par donner le volant à Nicolas. Il était fou comme un balai de conduire une cinquantaine de kilomètres dans le chemin de terre qu’est une grande partie de la route nationale 40. Les chemins de terre, lui, il connaît ça. Moi, je roule à 80km/h. Maximum. Il était fou d’autant plus car on lui avait accordé le droit de conduire. C’est vrai qu’avec un bras dans le plâtre, on peu se sentit inutile, surtout derrière assis dans l’auto.


Je crois avoir des photos extraordinaires. Après le condor qui chie, je vous télécharge le mouton qui pisse (celle-là, elle est spécialement pour Ti-Bouc). Et comme je n’ai pas pu (encore) trouver de guanaco qui crache, j’en ai photographié un prît dans le barbelé d’une clôture depuis quelques jours. Vous ai-je parlé de rouler pendant que le soleil se couche sur la pampa et que le ciel ouvert, dans toute sa splendeur, nous offre des couleurs irréelles?



dimanche 14 février 2010

Aventure au rendez-vous.













































San Carlos de Bariloche – dernier jour









Eh bien voilà, notre dernier matin à S.C. de Bariloche.









Ça fait deux soirs d’affilée qu’on va manger chez la Covita. C’est un tout petit restaurant d’à peine 40 places, végétarien, et tellement savoureux. Ça bât les fonderies n’importe quand. Élie n’était pas venue avec nous la première fois car elle avait rendez-vous avec son lit, et le resto que nous avions choisi sans elle était assez prétentieux merci. Or, nous avons trouvé ce petit bijou juste à côté. Et ça changeait de la grosse assiette de viande (parilla – prononcé parija) du midi.









Nous avons fait la route des sept lacs (7 lagos) avec la voiture. À Villa Angostura, la spécialité, c’est le cerf (oui, oui) et la truite. Élie a mangé des ravioles de truite au pesto (pistou pour les français – salut la France!). C’est vrai que je ne vous ai pas encore salivé côté bouffe (désolé Fabien, Jojo, Ben, Judith, Éric) mais on mange comme des rois. Et le vin.....je n’ai rien à dire à part qu’on trinque à votre santé. Et à la nôtre.









La route des 7 lacs m’a un peu déçue. 250km (dont 110km de gravier ert de trous). On a donc passé plus de temps dans l’auto que de visite. Certes, il y a vait de belles vues, mais bon. Mon opinion est qu’on a dû faire cette route afin de ne pas la recommander. Heureusement par contre, la deuxième route de terre avait des plus belles prises de vue sur le chemin du retour. Mais, non, je ne la recommande pas.









Nous partons ce matin pour Esquel je crois. Je laisse Nicolas nous organiser quelques jours d’improvisation. Estancias (ranch) et cheval avant de descendre jusqu’au glacier Perito Moreno, et ce, en voiture. Nous avons l’auto jusqu’au 22 février à El Calafate, d’où nous prennons l’avion pour Buenos Aires. Je rsique de ne pouvoir rien écrire pour quelques jours. Vous prendrez votre mal en patience. De toute façon, j’ai rajouté des photos dans les anciens blogues. Amusez-vous à trouver lesquelles j’ai ajouté.









C’est notre première semaine officielle en Amérique du Sud et il nous en reste 2. C’est tout ce que je voulais mentionner.....tra la la...









Regardez-bien la photo du condor qui fait caca......El Condor Crapa dixit Philippe.

vendredi 12 février 2010

San Carlos de Bariloche


































































































































































































































San Carlos de Bariloche









Apres 17h de bus (1500km, 3 repas, 1 verre de vin, des fauteuils demi-couchette), soit l’équivalent Sherbrooke - Chicoutimi en termes de temps et de coût en autobus voyageur mais en plus agréable, nous arrivons en Suisse allemande, soit la ville de Bariloche. Ajoutez le Memphrémagog devant Banff et vous aurez une idée de cette ville récréotouristique, centre national Argentin de ski. Notre appartement donne sur la fosse sceptique de cette petite ville, bref une magnifique vue sur le lac Nahuel Huapi, vue de notre 8e étage entrecoupée par la flèche du clocher de la cathédrale, qui nous rappelle que tous les indigènes ont été exterminés par l’ingurgitation d’eau bénite et les coups de fouet pour construire la route sinueuse qui nous a permis de rejoindre notre pueblo.










Fait intéressant: pour passer le temps dans le bus, l’adjoint du chauffeur nous fait jouer au Bingo. Le prix: une bouteille de vin. Malheureusement, c’est une américaine qui a gagné. Elle ne saura même pas l’apprécier!









Vous ai-je parlé des chiottes de l’autobus voyageur? Mot d’ordre, ne rien mettre d’autre que des liquides dans la toilette. Après caucus, nous avons décidé qu’il fallait soit retenir le #2 le plus longtemps ou le récupérer avec nos mains pour le jeter à la poubelle à l’arrivée. Chose faite, cependant Élie a tenu à respecter la règle, bref aujourd’hui elle est au lit avec une gastro, et elle n’a fait que du liquide depuis.









En fait la gastro c’est vrai, mais c’est le lendemain de notre arrivée. Elie a mangé un sac de popcorn toute seule et elle a pris une pinte de bière douteuse (Pub irlandais, bière Wilkenny au lieu de Kilkenny, bref, ça sonnait fonds de verres de la veille). Elle dit que ce sont les saucisses de la fondue au fromage (je vous laisse imaginer) que nous avons mangé hier parce que ça goûte mauvais quand ça prend le chemin du retour qu’elle dit. Bref, Oli et Phil sont partis seuls faire la virée en vélo pendant que je fais le garde-malade. C’est pas juste, mais je vais m’en remettre. Merci de verser une larme pour moi...il fait 24 celcius dehors et soleil radiant et je n’arrive pas à canter Élie avec des gravols pour sortir en douce!









Fait intéressant: les argentins se voient commandités par Rio Tinto pour fabriquer leur toît de maison. En effet, ils mettent une pellicule de foil (papier alu) sur la toiture. Ils pensent ainsi garder leur maison au frais et réféchir les rayons de soleil. J’ai des nouvelles pour eux, le papier d’alu, ça fait cuire lentement l’intérieur de la papillote. C’est pour ça qu’ils sont tous légèrement dorés même quand il fait nuageux.









Ah oui, hier, je suis rentré dans le cadre de la fenêtre à charnière dans la douche. J’ai manqué ma veine de front par 0.5 cm. Quelle veine!!! Bref, j’ai une nouvelle blessure, soit un trou dans le front et la ville de Bariloche a appris quelques nouveaux sacres en Québécois. J’aurais pu me vider de mon sang en 1 minute si j’avais mieux visé. Malgré ça, Elie m’ignore encore, elle ne prend pas plus soin de moi...









La-dessus, je redonne la parole à Olivier pour vous raconter la journée. C’était la pause scatolonicque du blogue.


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Salut tout le monde, et bien oui, nous sommes de retour, bronzés et défoncés, les cuisses gonfleés et les cuissards pas lavés. 32km de hauts et de bas en vélo de montagne. Un seul mot. Génial! Même s’il a fallu un peu plus de temps à Philippe de faire le circuit. Le soleil est encore au rendez-vous et il ne fait que 24 degrés. Le temps idéal, quoi. Un bon vent nous secoue les jambes et me donne des frissons sur les parties bronzées, le lac Nahuel Huapi va bientôt accueillir les surfers tellement les vagues sont hautes et fortes. Quelques nuages se sont invités pour être dans les photos et leur ajouter une dimension inégalée. Nicolas ne vous a pas dit que le lac Nahuel Huapi et vert émeraude? Il est de toute beauté ET énorme. Lors de notre rando en vélo, on a vu pleins de condors. Qu’est-ce qu’un voyage en Amérique du Sud sans voir l’oiseau emblèmatique? Faites-moi penser d’acheter un disque de flûte de pan. Ça sera superbe pour le petit voyage en voiture qu’on va faire dimanche, entre San Carlos de Bariloche et El Calafate (1850km de route – tenez-vous bien).









Encore une fois, je laisserai les photos parler de notre petit circuit (Circuito Chico) d’aujourd’hui.








Vous ai-je dit que j’adore regarder l’eau couler dans les éviers, les baignoires et les toilettes? Ele tourne dans le sens contraire de l’horloge, comme en Australie. Vive l’hémisphère sud!









Sur le chemin entre Mendoza et S. C. De Bariloche, l’autobus s’est fait arrêter 3 fois pendant la nuit. Il y a quelque chose d’assez troublant quand 3 gendarmes nationaux montent dans le bus avec des lampes de poches pour trouver quelqu’un de recherché. C’est spécial.









Notre apartement à Bariloche et coquet. 2 chambres, cuisine, salle de bains etc... tout moderne, mais à quoi bon si on n‘est jamais là! Par contre, la vue...il en vaut la peine de se réveille rà 6h30 pour prendre le lever du soleil sur le clocher de l’église, avec, au fond, les Andes. Ouf....j’aime!









Nous avons mangé dans une place à fondue hier soir car Bariloche la Suisse allemande, comme dirait mon ami roux, ressemble étrangement aussi à l’Autriche. C’est vraiment Banff, mais en 20 fois plus gros. Il y a autant de restos et de chocolateries que de touristes. Les hôtels poussent comme le vent sur le lac Nahuel Huapi (c’est le cas de le dire). Et il y a beaucoup de monde encore. N’oubliez-pas, c’est l’été ici, tout le monde est en vacances. Surtout nous!








Élie, la coccinelle, file mieux que ce matin. Bonne nouvelle! Elle est encore au repos. Nicolas en a profité pour explorer la ville et trouver (j’imagine) des activités pour nous. Comme s’il en manquait. Un peu plus de temps chaud et j’aurai été faire du kayak, ou du parapente sur le lac. On pourra même faire du cheval.








Bon allez, il faut que j’ouvre mon vin blanc de la famille di Tomasso de Mendoza avec mon assiette de picada. (charcuterie, olives, fromage). C’est que cette rando nous a donnée faim!

mercredi 10 février 2010

Aconcagua






















































































































































Aconcagua 2010














Je vous écris depuis l’autobus qui nous mène vers San Carlos De Bariloche. Au total, 17 heures de route (minimum) or, vous aurez 5 heures de texte à lire devant vous (histoire de faire les corrections nécessaires et trouver les mots qui déferlent aisément, mais avec l’autobus qui se trinballe d’un côté et de l’autre et toutes les bosses dans la route, il m’arrive de taper 4 touches en même temps...).














En fait, il n’y a pas tant à écrire. Hier, la journée était destinée, en très grande partie, à l’ascension du premier camp de base (nommé Confluencia)sur la plus haute montagne des Amériques. C’est une randonné assez éprouvante (quand on n’a pas l’habitude) mais pas aussi pire que j’anticipais. (9km)














Philippe n’est pas venu, il sait mieux que quiconque qu’il n’aurait jamais réussi à affranchir l’altitude à plus de 2000m sans sentir les effets néfastes que lui causent l’altitude, et l’entrée du parc se trouve à 2800m au départ. Sage décision de sa part. Ne riez pas, ce n’est pas évident pour tout le monde de grimper si haut.














Nous sommes donc partis, Élie, Nicolas et moi à 8 heures le matin et Élie a conduit jusqu’au Parc National de l’Aconcagua. J’ai déjà voyagé à travers des corridors de montagnes, du Nevada, du Utah, Banff et Jasper, Les Kootenays, les montagnes blanches du New Hampshire et les vertes du Vermont, les Adirondacks de la Gaspésie à L’État de New York. Ça, c’etait du petit lait. Bienvenus dans la cour des grands. À part les montagnes de l’Himalaya je crois que nous étions en train de serpenter quelques une des plus hautes montagnes du monde, du moins, une des plus imposantes chaînes de montagnes. Et que dire des couleurs... le soleil était encore au rendez-vous. Je crois qu’il nous suit car le seul temps où il a moindrement fait mauvais, c’est pendant le transit entre le Chile et l’Argentine, qui elle, n’a que du soleil à nous offrir depuis que nous sommes arrivés.














Retournons à nos moutons. Près de trois heures après avoir quitté Mendoza, nous nous sommes retrouvés au bureau des gardiens du parc. Je ne sais pas comment ils font pour travailler avec ces génératrices qui roulent tout le temps et l’odeur du kérosène qui en émane. Le temps de remplir toute la paperasse auprès des gardiens (qui était près de 10 minutes), j’ai senti mon déjeuner remonter tellement l’odeur était nauséabonde. Faire une rando pour le plaisir de faire une rando n’est pas la même chose dans la cour des grands. Il faut répondre à un questionnaire médical assez approfondi (voir si je me souviens de mon groupe sanguin), médicaments pris, conditions cardiaque, hospitalisation récente, stress, bref, la seule chose qu’ils ne demandent pas c’est la couleur des yeux.














Nous avons reçu nos permis. Prochaine étape, BEAUCOUP de crème solaire. Le soleil cogne et en 6 heures de rando, 3 couches n’auront pas suffit. Bref, que dire de plus à part que nous nous sommes rendus du point A au point B en 4 heures. Le grand vide entre les points A et B, justement, ne l’est pas. Ces 4 très longues heures ont servi à nous refermer sur nous même et de nous faire apprécier le moment présent. L’esprit, la tête, et le coeur se vident pour faire place à ce qui se présente à nous, ici et maintenant. J’ai fait le vide de tout pour pouvoir mieux faire le plein. Il serait trop facile de vous expliquer que le sol était très sablonneux sur le sentier et que plus haut nous montions, plus pesant le pas devenait. Au lieu d’y aller dans le détail, je laisserai parler les photos. Comme ça, j’aurai mille mots de moins à taper par photo. On était 9 ou 10 sur le sentier pendant toute la journée. Il n’y a pas plus précis comme sentiment que de se sentir seuls au monde, sous le soleil, au beau milieu de nul part, loin de toute civilisation, de technologie, de la notion du temps!














Le point B, c’était 3405 mètres de haut, 2 litres de sueur, et quelques sandwichs et bananes en moins. Épuisés mais heureux, je comprends la contagion de Nicolas qui veut toujours accomplir l’ascension d’une autre montagne. Comme nous n’étions qu’au premier camp de base, Nicolas a regretté ne pas pouvoir faire le sommet au bout de trois jours. On a lancé en l’air l’idée de revenir le faire pour vrai.... C’est avec une grande fierté qu’Élie et moi avons atteint notre but. Je n’ai eu aucun mal de tête et cela m’a apporté une grande assurance pour une autre rando en grande altitude. Faut-il avouer que j’ai eu une petite crainte aussi? Vive la pensée positive. Comme Philippe n’était avec nous qu’en esprit, nous avons écrit son nom avec des pierres sur la plus haute butte du premier camp de base. Même s’il n’était pas là physiquement, il a réussi a laisser sa trace sur l’Aconcagua ne serait-ce que pour le temps d’une photo. En fait, je crois que son nom y est encore.














Notre descente fût plus courte, comme il se doit, et nous commençiâmes à anticiper le retour. La réalisation m’a frappé à la mi-descente. Oui, j’ai versé quelques larmes, mais des larmes de bonheur total. Quand on est heureux et qu’il y a un trop plein, il faut que ça sorte. Pour beacoup d’entre vous, ça fait 5 ans que je vous agace avec mes histoires de Patagonie, de voir l’Aconcagua, de le monter et de le voir en personne. 5 ans que je prépare ce voyage, mentalement avec tous ces maux de tête, toute cette logistique de terre inconnue; de réserver des endroits où dormir, quoi voir, quoi boire et quoi faire. Avec 2 de mes meilleurs amis que j’aime, j’ai accompli quelque chose de grand qui m’a changé à tout jamais. Qui NOUS a changé, puisque nous étions les trois seuls personnes au monde, ne serait-ce que pour 6 petites heures.














Nous devions atteindre la cabine des gardiens avant 18h, ce que nous avons faits, à 5 minutes près. Tous nos membres étaient gonflés. Élie ne pouvait plus retirer sa bague, Nicolas avait remplit son plâtre à nouveau (il y fond depuis des semaines) et moi, mes genoux s’ennuyait de ma mère.... La météo sur la montagne peu toujours être imprévisible, nous avions fini par apporter trop de stock dans nos sacs. Les manches longues, les pantalons chauds, le manteaux, les tuques et les gants étaient certes de trop. Il a fait tellement chaud. Je vous le répète, à date, la météo nous gâte!














Après avoir pris nos dernières photos, nous avons traversé la route et à moins de 2 km, nous nous sommes arrêtés sur le bord le route pour voir le pont des incas “Puente Del Inca”. Cette formation naturelle de calcaire, avec les dépôts oxydés venant des fontes des montagnes ont donné cette couleur ochre et blanche à cette formation, et l’eau qui coulait en dessous a formé ce pont, une goutte à la fois. Un jour, lui non plus n’existera plus.














Notre retour à Mendoza était des plus idiots . On a rit tout le long de fatigue et après avoir marché toute la journée, l’esprit de bottine s’est manifesté. J’imagine que dans le folklore pre-colombien, la bottine n’existe par pour expliquer le fou rire qui peut survenir à tout moment. En chemin, nous avons vu un nuage d’une forme complètement sautée! Un gros champignon...comme si une bombe atomique était lachée sur Mendoza. Parfaitement irréel.














J’avais dit à Philippe de commencer à s’inquiéter si nous n’étions pas arrivés à l’apartement après 21h. Nous sommes entrés dans le seuil de la porte à 20h50. La douche était bien meritée, et surtout nécessaire. Les pieds étaient rouges comme la terre sur laquelle nous avions marché. Nicolas a fait du lavage de tous nos vêtements servis pour la rando et a même mis le portefeuille à Élie dans le lavage, blanchiment d’argent? , on ne le saura jamais!














Philippe nous a trouvé un des meilleurs restos (Azafran) de Mendoza qui était malheureusement fermé pour une réception privée. Il était juste à côté du Sr. Buqué, qui, l’avant veille, ne nous avait pas charmé. Nous sommes allés à côté - au DownTown qui était très bien. (Que ce soit le midi ou le soir, un repas par personne avec l’équivalent d’une demie bouteille de vin, ça revient toujours à 20$ toutes taxes et pourboire inclus). Même si la fatigue était omniprésente, Élie a eu un regain d’énergie (je ne sais pas d’où il sortait). Nicolas et moi étions claqués comme des moustiquaires dans un ouragan.

Bon, prochaine étape...? Seule l’aventure pourra le dire, mais il y le trekk vers le Mt. Fitz Roy quelque part dans notre avenir très proche